dimanche, avril 14, 2024
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Bref, on a joué à : Mage noir (et Digression…)

Mage noir avait TOUT pour nous plaire. Une DA aguicheuse, une mécanique de jeu à la Magic, accessible en solo, quelques belles trouvailles de gameplay… tout semblait réuni pour en faire un must have.

Alors certes, les premiers retours sur le solo n’étaient pas sensationnels, mais les goûts et les couleurs ne se discutant pas, il fallait que nous nous fassions notre propre impression (et puis, les illustrations envoient quand même du pâté !). Certes un mode solo avec plusieurs adversaires qui tient dans un petit paquet de cartes, ça paraissait presque trop beau pour être bon. Mais là encore, il faut parfois savoir ne pas s’écouter et se laisser ainsi une chance d’être surpris.

typiquement l’une des cartes « over-cheatée » de la Druidesse…

Au détour d’un couloir du FIJ 2023, nous avons pu discuter un long moment avec les auteurs de ce jeu d’affrontement qui ont choisi l’auto-édition et le financement participatif pour nous proposer leur bébé. L’occasion était trop belle et j’ai sauté le pas, non sans promettre de vous donner un avis honnête et transparent sur le solo qui, à Cannes, paraissait pourtant plutôt sympa, à défaut d’être novateur.

Une fois revenu dans nos pénates, malheureusement, le constat est tout autre. Le mode solo semble avoir été rajouté à la va-vite, pour toucher un public en manque de ce type de jeu tant il souffre d’un manque d’équilibrage flagrant. Lors de sa présentation, je pensais sincèrement que les deux modes de difficultés étaient un peu chiches et que les ludosolistes qui allaient tenter l’aventure allaient rapidement faire le tour de la question. Que nenni !!! c’est même tout l’inverse. Le mode facile est une purge tant la difficulté est élevée. Si le Duc, le premier adversaire, semble accessible (même si nous ne l’avons jamais vaincu), dès le second boss à vaincre (la Druidesse), c’est carrément mission impossible. En quelques tours, et sans que nous ayons pu mettre en place une quelconque stratégie, cet adversaire se planque derrière une armée de créatures dites « Permanents » qui peuvent nous asséner jusqu’à 12 points de dégâts (nous en avons 20 en début de partie) et peut remporter la victoire en deux tours !

« l’extension » solo de Mage Noir

Malgré nos différentes parties avec divers decks préconstruits et personnalisés, le constat reste le même : nous tombons sans avoir jamais pu affaiblir la druidesse ! L’éditeur nous indique dans la règle solo que ce mode peut être un bon moyen de s’entraîner… personnellement, j’y vois plutôt un bon moyen de changer son mobilier, d’agacement.

Mage noir échoue donc dans sa tentative d’incarner LA version solo de Magic, the Gathering. Attention, encore une fois, nous ne nous prononçons ici que sur la partie solo du jeu, et je reste convaincu qu’en multi Mage Noir est une belle alternative à son modèle. En effet, s’il en reprend les bases (créatures, sorts, mana…), il propose quelques particularités bien vue, comme la possibilité de réserver des cartes pour s’en servir plus tard comme « ingrédient » pour des sorts plus puissants, ou une utilisation du mana originale.

Mais en solo, rien à faire, la difficulté du jeu et la frustration qu’elle crée après plusieurs parties ne donnent pas envie de s’investir (ni d’investir d’ailleurs, le jeu n’étant pas vraiment bon marché). Peut être qu’en créant un deck personnalisé, ce constat s’atténuerait, mais je n’en suis même pas certain tant les mécaniques du jeu à base de préparation de cartes imposent un rythme lent là où l’automa est une machine de guerre.

On a aimé

  • le graphisme léché
  • une boîte bien pleine

On a moins aimé

  • la difficulté du mode solo, qui fera renoncer la plupart d’entre nous
  • un démarrage trop long qui ne permet pas de réagir aux agressions de l’IA
  • des decks de base qui semblent très inégaux et un passage presque obligatoire par une phase de construction de deck qui rend le jeu moins accessible pour les débutants

C’est pour vous si

  • vous êtes un féru de Magic et que vous cherchez un jeu solo dans la même veine
  • si vous êtes habitué à affiner votre deck au petit oignon en fonction de votre adversaire,
  • votre second prénom est Abnégation (ce qui serait assez étrange, il faut bien en convenir !)

Ce n’est pas pour vous si

  • Vous avez tendance à vous agacer facilement
  • Vous avez besoin, parfois, de gagner une partie (franchement… ça fait du bien à l’égo des fois, non ?)
  • passer des heures à construire un deck pour vous faire laminer en 10 minutes n’est pas votre petit pêcher mignon.

Digression

A chaque chose malheur est bon, dit l’adage. Et notre tentative d’apprécier Mage noir ne fait pas exception. A l’origine, Plateau Solo a été créé pour vous permettre à vous, passionnés et novices du jeu solo, de trier le bon grain de l’ivrée. Devant une proposition éditoriale de plus en plus importante, nous souhaitions (et souhaitons toujours) vous permettre de vous faire un avis avant de passer à la caisse, pour éviter de casser le PEL pour faire l’acquisition de boîtes qui resteront dans le placard (la pile de la honte… la fameuse !).

Afin de tenter de parler au plus grand nombre, nos articles sont devenus plus « mécaniques ». Entendez par là que nous nous attachons désormais à vous présenter les règles dans le détail, depuis la mise en place jusqu’au comptage des points. Nous vous parlons qualité du matériel, ligne artistique… Mais cette ligne éditoriale traduit, à mon sens, de moins en moins le côté émotionnel que doit procurer un jeu depuis l’ouverture de la boîte juqsu’à sa fermeture. Est ce que le jeu nous immerge dans son thème ? (promis, on vous parlera un jour de This War Of Mine… on le joue à Shifumi dans l’équipe pour savoir qui va souffrir pour rédiger le test), est ce que l’automa nous permet de prendre du plaisir sans autre joueur autour de la table ou bien est ce que tout n’est que mécanique sans saveur, voire bête salade de points sans intérêt ?

Et finalement… est ce que ce n’est pas plutôt de ça que nous devrions parler. Parce que finalement, découvrir un jeu de société, c’est aussi découvrir sa règle, sans trop avoir été spoilé. Comprenez moi bien, nous continuerons à vous expliquer à quel type de jeu vous avez à faire, qu’est ce qui vous attend une fois la mise en place réalisé, et nous répondrons avec plaisir à vos interrogations sur l’un ou l’autre de nos réseaux…

Mais il est temps de revenir à l’essentiel, à savoir : ce que nous ressentons avant, pendant et après une partie. Le jeu de société est un loisir qui s’admire, qui se voit, qui se vit. C’est aussi un média qui suscite des émotions, au même titre que le cinéma, la musique, ou la lecture. Et c’est tout ça que nous voulons partager avec vous, peu importe la taille du jeu, la complexité des mécaniques ou la thématique abordée.

Que vous vouliez plonger dans l’obscurité du Némésis de longues heures durant, ou bien divaguer quelques minutes dans le verger coloré de Hortis, tous les bons (grands) jeux ont cela en commun qu’ils réussissent (l’exploit) de faire oublier leurs mécaniques parfois complexes, ou lourdes, au profit de l’ambiance qu’ils installent, du fun qu’ils procurent ou des émotions qu’ils suscitent. Et finalement, c’est bien là l’essentiel, et ce que, chez Plateau Solo, nous voulons partager avec vous…

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