Sologame Countdown #13 : Le Seigneur des Anneaux JCC

En 1995, alors que la quasi-totalité des joueurs de cartes à collectionner se fightaient sur Magic The Gathering, Vampire ou L5R (nous sommes un an avant les sorties de Netrunner ou de Mythos), Iron Crown Enterprises (ICE) tentait de remporter la mise avec le Seigneur des Anneaux, premier CCG de cette licence. Bouleversant alors pas mal d’habitudes Garfieldiennes, Le Seigneur des Anneaux version ICE n’était pas un jeu d’affrontement direct entre deux joueurs, mais un jeu de guerre d’influence entre des factions qui poursuivent le même but, jouable jusqu’à 5. Et pour couronner le tout : il est était tout à fait jouable en solo.

frodoIl arrive encore fréquemment que certains joueurs du Seigneur des Anneaux JCE, publié par FFG / Edge, me reprochent d’avoir la dent un peu dure sur le jeu de Nate French. Mais comment faire autrement lorsqu’on a auparavant joué à l’un des jeux de cartes les plus aboutis qu’il soit possible d’imaginer encore aujourd’hui et basé sur le même univers  ?

Le Seigneur des Anneaux JCC n’est donc pas un jeu d’affrontement direct, dans le sens où chaque joueur incarne l’un des 5 sorciers présent en terre du Milieu (Gandalf, Saroumane, Radagast…) dont le but va être d’inciter les populations à organiser leurs défenses face à la menace de Sauron qui se précise de jour en jour.

Chaque joueur va donc créer deux decks, l’un avec des ressources et des événements, l’autre avec des périls et des emmerdes diverses et variées auxquels ses adversaires devront faire face, en suivant bien évidemment des règles strictes de mise en place. Il partira ensuite  sillonner la Terre du Milieu et aller où bon lui semble afin de recruter des alliés, trouver des artefacts et accumuler les faits d’armes, afin de prouver aux autres joueurs que c’est à lui de prendre le commandement de la résistance à Sauron. Le souci, c’est que plus vos héros sont équipés, plus ils ont de chance de se laisser corrompre par le Boromir effect, c’est à dire de rompre les rangs et d’aller faire la guerre en solo. Il faudra donc gérer en permanence les porteurs d’artefacts sensibles en fonction de leur capacité à résister à la tentation.

Pourquoi on aime ce jeu ?

oneLe Seigneur des Anneaux JCC est exceptionnel en le sens qu’il donne la sensation d’une liberté totale. On voyage à travers la Comté, la Lorien, le Mordor, et on décide de nos destinations et de nos rencontres. C’est en cela que le jeu est unique : il transcende son mécanisme finalement classique « ressources / loot / baston » par le plaisir du voyage et de l’exploration. La construction de Deck est exemplaire en ce sens : on ne construit pas un deck parce qu’on sait qu’il va fonctionner devant un challenge défini, mais on le construit parce qu’il va nous permettre de jouer selon notre humeur et les cartes que l’on a envie de jouer.  Et puisque l’on parle des cartes leurs illustrations sont pour la plupart superbes, ce qui ne gâche rien.

A suivre ?

Le Seigneur des Anneaux JCC a connu 6 extensions entre 1995 et 1998, qui ont progressivement dénaturé le jeu initial, en y introduisant notamment un esprit Player Versus Player. Certaines extensions, jouables en standalone, invitaient en effet les joueurs à incarner des Nazguls à la recherche de l’anneau. Mais des règles de plus en plus complexes et parfois différentes du celles jeu de base ont peu à peu rendu l’ensemble indigeste. Hexagonal, qui assurait la traduction, a jeté l’éponge en cours de route et ICE a perdu la licence Lord of The Rings en 1999, au profit de Decipher, qui a alors misé sur les visuels des films de Peter Jackson pour un jeu d’affrontement bien plus traditionnel. Le Seigneur des Anneaux JCC s’est donc perdu en chemin, mais on peut considérer que le set de base et que la première extension demeurent des incontournables,

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Le détail qui tue

Si dans 99 % des parties la victoire s’obtient en atteignant un seuil de points de victoire, il est possible d’écourter une partie en parvenant à balancer l’anneau unique dans un volcan en éruption. C’est fort compliqué à réaliser, mais si vous y parvenez, vous aurez gagné votre journée !

Et en solo ?

En multijoueurs, chacun affronte le deck de périls d’un autre joueur, ce qui est bien évidemment impossible en solo. Les solistes étaient donc invités à mettre en place des decks thématiques et de les affronter les uns après les autres, pour voir comment leur folle équipée allait pouvoir survivre face à des ennemis différents. Il était aussi tout à fait possible de se faire un deck tout à fait random pour ne pas savoir à quoi s’attendre.

Où le trouver ?

Ben… Avec de la chance, vous trouverez quelques starters et boosters qui prennent la poussière depuis 20 ans sur l’étagère de votre boutique favorite. Pour le reste, ce sera en occasion, en furetant à gauche et à droite.

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Lien :

Le jeu sur Board Game Geek

 

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