Sologame Countdown #06 : Darkest night

Une lumière dans les ténèbres !

Les forces du mal ont remporté la victoire. Les ténèbres ont chassé l’espérance et les âmes en peine se terrent dans leurs foyers, priant des dieux désormais absents de leur accorder une mort rapide et sans douleur. Reclus dans un monastère isolé, dernier refuge en sursis, quelques héros fous croient encore à la possibilité d’une autre fatalité…

Darkest night est un jeu assez peu connu en France, édité par Victory Point Games et publié dans sa première édition en 2012. Malheureusement pas traduit 4 ans après sa sortie, voilà un jeu qui, s’il ne révolutionne rien en terme de mécanique ‘pure’, utilise à merveille des concepts éprouvés afin de donner à vivre aux joueurs une expérience ludique forte avec un thème très présent.

Pourquoi on aime ce jeu ?

– les combos inter joueurs : chaque personnage (des héros tout droit sortis d’un univers médiéval fantastique) dispose de pouvoirs/compétences (bref des cartes ;-)) qui prennent tout leur sens le plus souvent en combinaison avec ceux des autres personnages. La spécificité est que souvent il faut préparer ses combos à l’avance (être au bon endroit, au bon moment, avec les bons personnages et ses pouvoirs prêts) pour qu’elles soient le plus efficace possible. Réussir une combo complexe est toujours le fruit d’une très bonne collaboration entre personnages (vs. une équipe de gros bills qui tapent dans leur coin ;-))

– une montée progressive de la menace : Le jeu devient de plus en plus difficile au fil des événements et du temps qui passe. Les mécanismes pour simuler cette pression (les forces du mal gagnent la contrée et il devient difficile de leur échapper) sont multiples : on va retrouver des apparitions de nouvelles menaces en fin de tour comme pour Horreur à Arkham, on va devoir gérer le nombre de menaces par zone pour éviter une ‘éclosion’ comme à Pandémie, et puis petit à petit, le nécromant acquiert des nouveaux pouvoirs qui font qu’à un moment c’est Sauron lui-même qu’il faudra affronter ! (ou éviter si on décide de la jouer ‘hobbit-like’ en se cachant dans les ténêbres pour ramener les reliques au monastère)

– une utilisation adéquate du hasard : il y a des cartes à piocher et des dés à lancer. Donc il y a du hasard et heureusement ! En revanche, on ne retrouve pas dans ce jeu cet effet couperet où un jet de dés manqué peut entraîner la mort directe et inéluctable d’un héros, voire pire, la défaite immédiate. Une telle situation (je dois faire un 6 en lançant 3D sinon j’ai perdu) n’est pas impossible, mais elle est le fruit d’une stratégie inefficace (ou particulièrement dangereuse !!) donc pas le fruit du hasard. Manquer un jet de dés ralentit, piocher une carte un peu plus dangereuse que prévue peut remettre en cause la belle combo en cours, mais c’est l’enjeu même du groupe de héros de prévoir ces aléas et d’en garder suffisamment sous le coude pour ne pas sombrer.

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Et en solo ?

Beaucoup de jeux ‘narratifs’ ont tendance à rajouter des textes d’ambiance à rallonge, ou de proposer des règles spécifiques à chaque carte. Et bien là, ce n’est pas le cas, et pourtant ça marche incroyablement bien en termes d’immersion ! Les effets des cartes sont très vite assimilés, et c’est la mécanique, l’enchaînement des actions, plus qu’un texte d’ambiance (qui risquerait d’arriver comme un cheveu au milieu de la soupe ;-)) qui créent l’expérience ludique. C’est bluffant, et du coup cela fonctionne très bien en solo.

Un point de vigilance cependant, pour que le jeu soit équilibré, le joueur doit incarner 4 personnages, ce qui peut être très gênant pour beaucoup. Une variante, proposée par l’auteur lui-même, permet de n’en incarner que 2 et fonctionne plutôt bien.

A suivre ?

Le jeu n’est pdarkest-night-questlus édité dans sa première édition. Il a donné lieu à de nombreuses extensions qui ont à la fois enrichi le contenu et ajouté de nouvelles mécaniques de jeu. Aucune de ces extensions n’est indispensable, même si l’extension « with an inner light » ajoute une notion de quêtes très intéressante.

 

Où le trouver ?

Sur le marché de l’occasion éventuellement. Mais le mieux est d’attendre la sortie de la seconde édition dont le kickstarter s’est terminé mi-2016.

 

Le détail qui tue

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L’originalité !  Si si, du médiéval fantastique original !?!? Oui, on retrouve quelques personnages classiques (paladin, magicien, voleur…), mais globalement les rôles (25 différents avec les 4 extensions !) sont vraiment très surprenants et agréables à jouer. De plus, le nécromant a à sa disposition un arsenal de menaces ‘vilaines à souhait’, et pour une fois, ce ne sont pas que des créatures avec des longues mandibules !!!

A qui conseiller ce jeu ?

A moins d’être allergique au médiéval fantastique, ce jeu mérite d’être testé. Il a été pensé pour une pratique coopérative, mais il se prête très bien à une pratique solo. Il peut plaire à tout amateur de jeux de cartes à combinaison, quel que soit son niveau de pratique (la variété des personnages permet de créer des situations plus ou moins abordables).

A noter tout de même que c’est un jeu qui peut s’avérer difficile (selon les options de jeu choisis au départ), et que même s’il est envisageable de gagner en se laissant mener par les événements, il faudra alors beaucoup de chance. Une bonne analyse de la situation de départ (quels personnages ? Quels pouvoirs ? Quelles forces en présence ? etc…) sera souvent indispensable pour échafauder une vraie stratégie de jeu : il faut donc un minima aimer se remuer les méninges !!

Liens :

…à demain pour un autre jeu solo ! 

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