Sologame Countdown #15 : K2

Prenez de la hauteur

« … seulement le squelette d’un nom, tout de roche, de glace, de tempête et d’abîme. Il ne fait aucune tentative pour paraître humain. Il est atomes et étoiles. Il est nu comme le monde avant le premier homme – ou la planète en cendres après le dernier. »

Fosco Maraini, alpiniste italien

Le K2 est le deuxième plus haut sommet du monde (après l’éverest) avec une altitude de 8 611 m. Il est surnommé « montagne Sauvage » ou « montagne sans pitié » en raison de la difficulté de son ascension considérée comme bien plus difficile que celle de son grand frère. En 2016, seules 378 personnes l’ont réalisée contre plus de 5 000 personnes ayant atteint le sommet de l’Everest, et 85 personnes ont trouvé la mort sur ses pentes, ce qui fait un décès pour quatre personnes réussissant l’ascension…

Voici donc à quoi nous invite ce jeu, vivre – bien au chaud autour de nos tables -, une des aventures les plus dangereuses pour l’homme. Quelle ambition ! Tout cela avec un plateau, un deck de 18 cartes et 2 meeples !!

k2-climbingL’auteur, Adam Kaluza, propose une mécanique très simple : chaque alpiniste doit gérer une seule variable, son acclimatation. Si elle tombe à 0, l’ascension s’achève pour le malheureux. Plus le meeple se rapproche du sommet, plus l’air se fait rare. Le phénomène peut être accentué par des conditions climatiques plus ou moins favorables. Le deck de cartes est le même pour tous les joueurs : les cartes permettent soit de se déplacer, soit de reprendre son souffle. A chaque tour, le joueur est invité à jouer 3 cartes parmi une main de 6. Les cartes jouées ne seront remises dans le deck qu’une fois celui ci totalement épuisé.

La partie se joue en 18 tours, celui qui parvient à faire approcher le plus près du ciel ses meeples – sans qu’ils y restent ! -, est déclaré vainqueur.

Pourquoi on aime ce jeu ?

– une mécanique parfaitement thématique  : l’essence même du jeu est la prise de risque. Vous n’êtes qu’à une encablure du sommet, le saint Graal brille de tous ses feux, et il ne reste qu’à tendre la main pour le saisir. Mais voilà, aurez vous l’opportunité de redescendre vivant de la montagne ? Etes vous bien sur qu’il vous reste suffisamment d’oxygène (de cartes dans votre pioche) ? N’y a t’il pas un risque qu’une autre cordée vous oblige à faire un détour fatal ? Malgré l’absence de dés, et une bonne visibilité des événements à venir (la météo), une petite incertitude demeure, et plus vous êtes proche du but, plus l’erreur risque d’être fatale.

– une mise en place et un jeu rapide : peu de matériel, un nombre de tours fixes, et aucune lecture superflue en cours de partie. Tout est fluide dans les règles.

– une bonne rejouabilité : ce jeu est bien plus qu’un casse tête ! La combinatoire rend les situations à chaque fois différente, et le plateau recto-verso (face nord, face sud), ainsi que la possibilité de tenter l’ascension en été ou en hiver rendent le challenge très différent. On finit même par s’attacher à ses meeples et à craindre pour leur vie, c’est dire !

Et en solo ?

Le mode solo proposé est basé sur du scoring, ce qui en général correspond plus à un mode entraînement qu’à un véritable mode solo. Cela dit, la versatilité du jeu permet de se fixer des objectifs personnels très thématiques (mission de sauvetage, voie fermée pour cause d’éboulements, etc…) si bien que chaque partie est en fait une véritable histoire que l’on se raconte, et revenir vivant est un challenge qui est largement suffisant en soit !

A suivre ?

Deux extensions existent : ‘K2 Broad peak‘, et ‘K2 Avalanche‘. A noter aussi l’existence d’une ré-implémentation de K2 par le même auteur : ‘Mount Everest‘.

Où le trouver ?

Ce jeu de Adam Kaluza, édité par White Goblin Games (ou/et Rebel.pl ?), fut distribué un temps en France par Iello. Il reste difficile à trouver neuf aujourd’hui. Il est cependant régulièrement disponible d’occasion à un prix très raisonnable. A noter que selon la version, la règle est disponible en français ou non. A se renseigner donc avant achat.

Le détail qui tue

k2-risk-tokensPour le coup, c’est un détail qui tuera votre meeple pour de vrai. Pour ajouter au sentiment de danger, et proposer une variable supplémentaire à la prise de risque, un jeton ‘risque’ doit être joué tous les tours. En solo, ce jeton est obligatoire donc il va falloir ‘jongler’ avec cette épée de Damoclès. Par contre, à plusieurs, je jeu devient retors car c’est le joueur qui aura tenté le plus gros déplacement qui sera victime du mauvais sort ! Et voilà comment rajouter du bluff dans un jeu sans en avoir l’air 😉

A qui conseiller ce jeu ?

Un jeu simple, très abordable, aux règles rapides à expliquer, et donc un excellent vecteur d’initiation au jeu moderne pour quelqu’un attiré a minima par la thématique. Ce jeu convient également tout à fait à des joueurs plus aguerris qui ont envie de se titiller les neurones sur les pentes d’une montagne mythique. Vaincre la face nord en hiver n’a jamais été réalisé par un être humain, je pense que c’est un défi intéressant pour tout joueur qui se respecte 😉

Liens :

La fiche sur trictrac.

Et une petite vidéo très bien faite, en français !

…à demain pour un autre jeu solo ! 

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