Flash back sur 2018

Coup d’oeil en arrière sur l’année qui vient de s’écouler. Et histoire de s’y retrouver, nous allons repartir des chiffres de l’an dernier analysé dans cet article.

Un petit rappel :  l’idée n’est pas de chercher des données précises sur le monde du jeu en 2018, mais plutôt d’examiner quelques tendances issues de la base de données de boardgamegeek pour réfléchir sur la place du jeu solo à notre époque.

Les 4 nombres de l’année : 3800229 et 43.

3800

2018-2

Après 3 année de stagnation, le nombre de nouveautés repart à la hausse (+10%).

Lorsqu’on analyse plus précisément, pas de tendances particulières pour une catégorie de jeux qui serait à l’origine de cette reprise : la répartition reste globalement identique (pas de surenchère pour les jeux courts, ni de grosse tendance à la hausse pour les jeux pour enfants par exemple).

La seule différence notable est qualitative. Pas d’énorme ‘blockbuster’ en 2018 : le jeu le mieux placé dans boardgamegeek n’est que 28ème (Brass Birmingham). On est très loin des gloomhaven, Terraforming mars, et autre 7th continent  des dernières années qui ont bousculé la hiérarchie en très peu de temps.

Ce manque d’enthousiasme est-il le révélateur d’un manque de succès commercial qui aurait incité les éditeurs à publier plus de jeu pour rattraper le chiffre d’affaire ? Difficile à dire, il faudrait connaître les chiffres de vente de ces titres pour approfondir la question.

Et le jeu solo dans tout ça ?

22

2018-3

C’est le pourcentage de jeux annoncés comme jouables en solo parmi les nouveautés 2018. Il se maintient par rapport à 2017, mais avec une plus faible augmentation que ces 2 dernières années.

Difficile d’en tirer des leçons, si ce n’est que le jeu solo continue à se porter bien. En revanche, ce coup de frein à la croissance est peut être le signe que nous arrivons à une asymptote qui pourrait être proche des 25%.

Cela ne veut pas dire qu’un quart des joueurs dans le monde sont des joueurs solo bien sur ! Cela veut dire qu’un quart des jeux qui sortent ont un intérêt au moins économique à proposer une version solo. C’est plus que conséquent, et si la tendance se confirme, on peut supposer des efforts éditoriaux importants pour capter ce public (nous quoi !).

En revanche, si la quantité est bien là, on ne peut pas en dire autant au niveau de la qualité.

9

2018-1

Après une année record en 2017 (60% des titres classés au top 20 en 2017 étaient des jeux jouables en solo), nos tombons à moins de 50% cette année. Et le premier jeu solo (Everdell) n’est que 5ème dans la liste (le plus mauvais score depuis 2013).

Quand on sait que 2018 n’a pas été une année très qualitative, ces chiffres viennent renforcer notre impression que 2018 a été une année médiocre pour le jeu solo malgré ses 844 nouveaux titres.

Il faut tout de même relativiser : seulement 22% des jeux qui sortent sont praticables en solo, et tout de même près de 50% se classent dans le Top 20 ! Les jeux solo continuent donc à faire très bonne figure dans les classements, on peut dire que nous sommes gâtés.

Evidemment, il faut bien garder en tête que le classement est établi par des utilisateurs de boardgamegeek, donc des joueurs plutôt expérimentés et pas représentatifs de la grande masse ludique. De plus, il faudrait voir si ces jeux sont effectivement pratiqués en solo ou en majorité dans leur mode multi.

Cependant, il n’est pas idiot de penser que même si ces jeux ne sont pas exclusivement réservés à la pratique solo, le fait que l’auteur ait passé du temps à mettre en place un mode solo mode n’est pas anodin sur le succès du jeu, y compris son succès en multi. Et ce n’est pas Morten Monrad Pedersen, l’auteur du fameux Automa de Viticulture qui dirait le contraire : il évoquait déjà ce point dès 2015.

Cela nous amène au dernier nombre.

43

2018-4

C’est le pourcentage de nouveautés qui sont des extensions pour jeux solos ! Cette statistique vient consolider la tendance de l’an passé  : le jeu solo a la cotte auprès des joueurs ‘core’.

En effet, il est acté que les extensions se vendent toujours moins bien que les jeux de base, et qu’elles sont plutôt réservées à un public de passionnés. En 2018, les éditeurs ont proposé deux fois plus souvent des extensions pour des jeux solos que pour les autres !

 


 

2018 restera donc comme une année transitoire pour le jeu solo. Pas de nouvelles mécaniques révolutionnaires, pas de succès planétaire, la même volonté des éditeurs d’accéder à un marché bien établi en proposant un mode solo, et toujours la non reconnaissance par le métier de la spécificité du jeu solo par l’attribution d’un prix dans les grands festivals.

La tendance 2017 ne s’est donc pas confirmée, 2018 n’a pas été une grande année pour le jeu solo…

Mais en même temps, cela n’a pas été non plus une grande année pour le jeu en général : espérons un sursaut des auteurs en 2019, il y a encore tant à inventer !?!

 

Très bonne année à tous !

 

 

 

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